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Marseille-AEK Athènes : à l'OM, l'attaque cherche encore sa voix

Aubameyang, Correa et Vitinha symbolisent une attaque marseillaise en manque de réalisme et de leadership, à l'heure de recevoir l'AEK Athènes en Ligue Europa jeudi (21h).

Le mois d'octobre touche à son crépuscule, et pourtant, les vendanges se poursuivent à l'Olympique de Marseille. Samedi, en terres niçoises, l'OM est reparti bredouille de l'Allianz Riviera (1-0), hanté par ses ratés devant le but du Gym. Une mauvaise habitude. Malgré ses efforts sur le mercato estival, Marseille est infidèle à son slogan d'aller «droit au but». Les derniers arrivés, Pierre-Emerick Aubameyang et Joaquin Correa, et l'avant-centre Vitinha en sont les symboles.

Aubameyang, l'attaquant le moins réaliste de Ligue 1

«Enfin la vanne est ouverte, elle était un peu rouillée», souriait Aubameyang suite à la victoire face au Havre (3-0) ponctuée de son premier but en Ligue 1 cette saison, après 8 matches dont 7 titularisations. Cet après-midi du 8 octobre avait tout d'un trompe-l’œil. Au retour de la trêve, contre Nice samedi, le Gabonais a gâché un face-à-face devant Marcin Bulka (73e). Se créer des occasions, Aubameyang sait faire. Il le faisait encore, sur une ultime période délicate, à Arsenal, puis au FC Barcelone et même à Chelsea la saison dernière.

Encore faut-il conclure. La statistique des «expected goals», ou «buts attendus» en anglais, qui mesure le nombre de buts qu'un joueur «aurait dû» marquer en fonction de la qualité de ses occasions, cause du tort à Aubameyang. Le Marseillais «aurait dû» marquer 4,5 buts en L1 cette saison, au lieu d'un seul. Son différentiel de -3,5 est le pire du championnat juste après Jérémy Le Douaron de Brest (-3,6).

Pierre-Emerick Aubameyang a inscrit son premier but de la saison en Ligue 1 face au Havre le 8 octobre dernier. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

«Quand des jeunes voient des joueurs comme lui qui donnent leur maximum, ils peuvent comprendre le football», a pourtant juré son entraîneur, Gennaro Gattuso, après le succès face au Havre. Attendu comme un leader à 34 ans malgré un déclin certain, Aubameyang ne gomme pas ses défauts au sein d'une équipe dont la marge d'erreur est fine.

Correa, retard à l'allumage

6 matches, 4 titularisations et jamais décisif. Les supporters marseillais nourrissaient des espoirs en voyant Joaquin Correa débarquer en prêt de l'Inter Milan. Pour l'instant, ils voient surtout pourquoi l'Argentin n'a quasiment pas pesé en deux ans chez les Nerazzurri. Cantonné au côté gauche, sous Marcelino et Gattuso, il a paru emprunté avec le ballon et peu disponible sans. Son manque de dynamisme laisse songeur. Il ne peut pas être fatigué de ses deux saisons comme remplaçant à l'Inter, ni des séquences internationales : il n'a plus été convoqué avec l'Abiceleste depuis... son forfait pour la Coupe du monde 2022, que l'Argentine a remporté sans lui.

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«Il a besoin d'un temps d'adaptation avec un changement de pays et de championnat, a défendu son compatriote et coéquipier à l'OM, Leonardo Balerdi, il y a un mois. C'est totalement différent, plus physique. Il a besoin de temps de jeu. C'est un joueur qui a des qualités et il va les montrer, j'en suis persuadé » Touché à la cheville face à Brighton le 5 octobre (2-2), il demeure incertain pour la réception de l'AEK Athènes ce jeudi (21h).

Vitinha, le flou total

Mais que fait Vitinha à Marseille, et que fait Marseille avec Vitinha ? Le club olympien avait lâché 32 M€ en fin de mercato hivernal pour s'offrir l'attaquant de Braga, auteur de 13 buts et 4 passes décisives en 27 matches à mi-saison. À l'OM, c'est 27 matches, 4 buts et une passe décisive. Un jour titulaire, l'autre remplaçant, mais toujours pâle, comme si le vent du Vieux-Port lui avait soufflé dans les bronches pendant trois jours non-stop.

Le Portugais, 23 ans, n'a jamais caché son mal du pays. «Quand j'ai eu la certitude de venir à Marseille, je n'ai même pas appelé mes parents parce que je n'osais pas leur dire, a-t-il raconté à Free en juin dernier. J'ai appelé mon frère, je lui ai dit : "je vais jouer à Marseille." Et j'ai raccroché car je n'arrivais plus à parler. Ça n'allait pas, c'était très difficile quand je suis venu ici. Mon adaptation a été difficile parce que je suis loin d'eux.» Un contexte avec lequel l'OM serait plus clément sans des errances inquiétantes balle au pied, ou un sens du timing aléatoire dans la surface.

«Je respecte les décisions d'un entraîneur, mais un attaquant doit avoir de la confiance», avait déploré le président Pablo Longoria en juin, dans une critique à peine voilée à Igor Tudor qui venait de démissionner. «Il subit la pression que tous les joueurs offensifs subissent à l'OM, a souligné Longoria le mois suivant. On doit faire avec, ce n'est pas une critique. Il y a aussi la pression du prix du transfert, il ne faut pas se mentir.» En quatre matches sur le banc marseillais, Gattuso n'a jamais titularisé Vitinha. Le rythme des matches tous les trois jours peut aider à diversifier le temps de jeu. Mais avec des joueurs qui n'ont pas la tête dans le sceau, ce serait un peu plus simple.